Enseignement et théâtralité

 

Dans le cadre d’une thèse en sciences de l’éducation qui était consacrée à l’enseignement de la philosophie au lycée et que j’ai soutenue en novembre dernier, j’ai réalisé six entretiens cliniques non-directifs auprès de professeurs de philosophie de l’enseignement secondaire interviewés à partir de la consigne suivante : « J’aimerais que vous me disiez, comme ça vous vient, comment vous vivez le fait d’enseigner la philosophie. »

L’un de ces entretiens a donné lieu à un premier article de recherche que publie, ce mois-ci, la revue Cliopsy, revue de référence en clinique d’orientation psychanalytique dans le champ de l’éducation et de la formation. Cet article, qui s’intitule Mise en scène de la parole magistrale dans un cours de philosophie, est consacré à la fonction qu’exerce manifestement une certaine théâtralité dans la pratique professionnelle d’une enseignante de philosophie. Il propose quelques hypothèses interprétatives relatives à certains mécanismes psychiques inconscients qui pourraient infléchir l’évocation de sa pratique par cette enseignante. Ce numéro de printemps, le vingt et unième de la revue, est aussi l’occasion pour celle-ci, qui fête cette année son dixième anniversaire, de revenir sur dix années de publications dans ce champ théorique dans lequel j’inscris mes recherches.